C'est la première forme d'écriture du monde. Ils l'ont mise au point afin de mieux gérer leurs récoltes et écrire leurs lois afin que la justice soit la même pour tous. C'est de cette écriture que d'autres sociétés se sont inspirées.
Les plus vieux exemples d'écriture sumérienne datent d'environ 3000 av J.-C. Au début, l'écriture sumérienne était plus du type pictogramme, un peu à la façon des hiéroglyphes égyptiens. Petit à petit, le dessin fit place à l'abstraction pour donner l'écriture cunéiforme qui, depuis, est devenue l'esprit de beaucoup de gens synonyme de sumérien.
Les premiers exemples d'écriture sumérienne n'étaient que de la comptabilité, l'écrit ne servant que de pense-bête pour se souvenir de ses comptes (le nombre de troupeaux, la quantité de blé, etc...). Les signes étaient incisés ou "imprimés" sur des tablettes d'argile qui avaient été préalablement mouillées avant d'être séchées. Sur ces tablettes, on trouve généralement des incisions à côté du dessin simplifié de l'objet ou de l'animal compté.
Plus tard, les scribes abrégèrent, simplifièrent et stylisèrent les signes-dessins, ce qui, sur plusieurs générations, aboutit à l'association abstraite d'impressions cunéiformes : l'écriture cunéiforme sumérienne était née ! Avec cette simplification de l'écriture et son évolution vers la rapidité, la souplesse et la rationalisation, le contenu des écrits sumériens tout naturellement se complexifia et conduisit à l'apparition de documents historiques écrits. Évidemment, ces documents n'étaient pas comme maintenant soucieux de l'exactitude historique, ils racontaient plutôt les exploits des héros et des dieux sumériens à la manière d'épopées.
Vers 2300av JC déjà, le sumérien avait cessé d'être la langue prépondérante en Mésopotamie. L'akkadien avait pris la relève. Dès la fin de l'époque dite "proto-littéraire", les Akkadiens avaient emprunté l'écriture sumérienne et l'avait adaptée aux besoins de leur langue sémitique bien différente du sumérien.
En 2000av JC, le sumérien n'était plus parlé. L'akkadien, puis l'assyro-babylonien, l'avait définitivement remplacé. Le sumérien devait cependant rester la langue de la religion, de la science, des affaires et du droit pendant encore bien des siècles. Abraham, en 1900av JC, a donc vraisemblablement été en contact d'une manière ou d'une autre avec le sumérien.
On pense que le sumérien, comme langue littéraire, fut en usage jusqu'à la disparition définitive de l'écriture cunéiforme au 1er siècle avant J.-C.
Voici le développement de notre lettre 'A' à partir de la lettre d'origine sumérienne "tête de boeuf".
Les étapes jusqu'à nous ont été le cunéiforme akkadien, ensuite, le proto-cananéen, puis le phénicien, et enfin, le grec.
Après leur développement rapide (la majorité des découvertes ayant déjà été faites à la moitié du 2ème millénaire), les mathématiques vont être utilisés pour l'astronomie. Il faudra cependant attendre le 1er millénaire pour que cette discipline prenne son essor.
Les astronomes étaient nommés au premier millénaire "Tupshar Enuma Anu Enlil". Ils étaient en fait des prêtres ayant reçu une formation spéciale, et sachant lire et écrire. De ce fait, leur fonction est avant tout religieuse. C'est pour cela qu'ils sont à la fois astronomes et astrologues (c'est une différence pour nous, mais pas pour les Mésopotamiens. Ils officiaient dans les temples, qui ont de ce fait livré de nombreuses archives de textes astronomiques et astrologiques qui étaient gardées dans des salles spéciales.
Certains astres étaient considérés par les Mésopotamiens comme des divinités. Le Soleil (Utu - Shamash), ainsi que la Lune (Nanna - Sîn) sont les meilleurs exemples. Dans un texte du 12ème siècle, le ciel est divisé en trois grands chemins, attribuées au trois grands dieux de la Triade : "An", "Enlil" et "Enki" (EA).
Les étoiles et constellations se trouvaient dans une de ces trois voies célestes selon la saison. Ce système sert donc à observer les mouvements des astres, et à en tirer des présages.
La tablette ci-dessous nous montre qu'ils avaient des connaissances à propos d'autres planètes (le Soleil et les 12 planètes sont représentés)...
Les Sumériens avaient connaissances de 12 planètes sachant qu'ils considéraient la Lune comme une planète et qu'ils comptaient déjà Pluton, cela nous conduit à la fameuse planète X, la douzième planète des Sumériens, Nibiru.
Pour rendre compte de la position des astres, les astronomes mésopotamiens se servaient de l'écliptique (le plan sur lequel la Terre tourne autour du Soleil, donc sur lequel on a l'impression que le Soleil se déplace vu de la Terre), pour évaluer la latitude, et ils avaient divisé le ciel en 12 zones constituées par des arcs de 30°, qui prirent le nom de la constellation principale qui s'y trouvait.
Ce sont les signes du zodiaque, que nous avons conservé depuis (sous des noms différents). Généralement, les constellations mésopotamiennes sont les mêmes que les nôtres, à quelques variations près, comme la constellation dite de la Charrue, qui regroupe deux étoiles de notre constellation du Triangle et une de notre Andromède.
Durant des centaines d'années les scribes ont tenu les rapports précis d'événements naturels sur la terre et dans le ciel afin de prévoir l'avenir.
Il s'agit de l'application la plus importante de l'astrologie pour les Mésopotamiens, bien qu'elle nous paraisse loin des principes scientifiques (ce qui n'empêche pas un grand nombre d'entre nous de continuer à lire les horoscopes de nos magazines). L'astrologie est une discipline à la croisée de deux autres : l'une, "scientifique", l'astronomie, et l'autre faisant partie du domaine des croyances, la divination. Mais ceci est tout à fait incongru pour les Mésopotamiens, puisque du fait de la place de la religion dans les mentalités, l'astronomie et l'astrologie sont une même chose.
L'astrologie était principalement basée sur l'étude des phénomènes météorologiques : l'observation des astres (couleur, visibilité, mouvement, position), des éclipses (signe de la colère divine aux temps anciens), mais aussi le vent, les nuages, etc. Comme pour toute pratique divinatoire le phénomène observé prédisait un évènement futur. Les astrologues s'aidaient de nombreux textes comportant des listes de phénomènes avec leurs conséquences pour déduire le message envoyé par les Dieux (la divination étant l'interprétation par les hommes de messages envoyés par ceux-ci). Certaines de ces prédictions pouvant avoir trait à la destinée du royaume, les souverains se tenaient informés de toutes les observations et avaient toujours un groupe d'astrologues autour d'eux. L'astrologie horoscopique s'est développée plus tardivement, quand dans le troisième quart du premier millénaire les astronomes ont découvert le zodiaque et les phénomènes tels que les équinoxes et les solstices nécessaires à l'établissement du thème astral d'un individu au moment de sa naissance.